Bonjour Meena,

Comment exprimer le miracle –  (ou plutôt, les miracles devrai-je dire, mais je vais en évoquer  – ici  – un seul) – avec des mots communs.

Il y a un peu plus de 30 ans j’ai subi une intervention chirurgicale consistant à raccourcir le fémur d’une jambe, car j’avais une jambe plus longue que l’autre de 4,5cm ce qui m’amenait à porter des chaussures orthopédiques jusqu’à l’âge de 20 ans avec toutes les conséquences que cela génère (moquerie, honte, etc…). Suite à cette intervention et la rééducation qui en a suivi (plus d’un an de ré-apprentissage pour marcher,  plier à nouveau la jambe, etc.) je me suis adaptée au fait de boîter quelques minutes chaque fois que ma jambe est immobilisée plus de 10 mn (position assise, après avoir conduit plus d’une heure, et autre). Par ailleurs ayant une cicatrice tout le long du fémur amputé, ma cuisse était depuis toutes ces années indolore, comme si j’avais une plaque de métal à l’intérieur m’empêchant de ressentir toute sensation.

En quittant Entraigues jeudi et après 4 hres de conduite, je décide de faire une pause sur l’autoroute. Arrivée à la station et  n’étant pas seule puisqu’en compagnie de Christine, je décide de faire le tour de la station pour me dégourdir les jambes et prendre un peu l’air. Alors que je  regagne mon véhicule, je réalise soudain et m’exclame : « Christineeeee, je n’ai pas boîté en sortant de la voiture et je ne suis pas restée immobile, debout ,le temps que ma jambe accepte d’avancer (et oui, avant Access et après chaque moment d’immobilisation si je marchais directement je claudiquais cahin caha quelques minutes le temps que la jambe « s’échauffe »), une fois la « machine en route » tout rentrait dans l’ordre. Christine me dit ne pas avoir fait attention. Et je lui dis : je t’assure, je n’ai aucun souvenir d’être restée debout près de la portière le temps que ma jambe se dégourdisse, et il me semble bien que j’ai marché directement. Je remarque alors que pour la première fois je sens le poids de mon corps bien installé sur les 2 jambes alors que depuis plus d’un demi siècle le poids de mon corps repose sur une seule jambe (la plus courte).

Nous reprenons la route et parcourons encore 200 km sans pause. Arrivée à destination je suis attentive à ce qui va se passer en descendant du véhicule et je demande à Christine de regarder aussi. Et là, pour la seconde fois je constate que je marche directement sans boîter, sans temps de pause pour que la circulation se fasse, et que pour la première fois de ma vie j’ai une démarche normale. De plus depuis l’intervention je ne pouvais pas marcher les 2 pieds parallèles car pour avoir le bassin « droit » je marchais avec le pied à « l’extérieur » comme un canard (et ça ne me dérangeait pas car j’aime beaucoup les canards :-)).

Concernant le pied il s’est légèrement redressé et même si ce n’est pas en totalité, pour moi, c’est un énorme progrès et un cadeau MERVEILLEUX. ENFIN je MARCHE « normalement » et je me sens bien ancrée sur mes DEUX jambes. J’ai bon espoir que cela s’améliore car toutes les cicatrices n’ont pas encore été choyées : hihihihihihi.

Sois assurée que depuis mon retour, je suis attentive à cette jambe et j’observe ce qui se passe chaque fois que je me lève et………. et bien je galope immédiatement dès que le pied touche terre.

Comme mentionné en tête de ce témoignage, les mots sont bien fades, faibles pour décrire la JOIE, le BONHEUR, la GRATITUDE qui m’animent.

Est-ce le résultant de MTVSS ? de la journée AccessBars ? des 4 jours fondations ? du processus « mémoires cellulaires, point de création, tourne » ? de la contribution de Gaïa lors de la classe en live avec Dain ? : je ne saurai répondre, même si au fonds de moi la première chose qui me soit venue est : « mémoire cellulaire, point de création… ». Mais qu’importe, en fait cela m’est égal de savoir qui à fait quoi ? Ce qui est doux pour mon coeur et pour mon corps c’est le CADEAU reçu. A l’heure où je t’écris je ne suis pas certaine de mesurer le TRESOR reçu car chaque jour je suis  un peu plus éblouïe et mon coeur redouble de JOIE. Il me semble que j’ai du « mal » à réaliser ce qu’il m’arrive : mon coeur, mon corps vibrent de joie, et mon mental est anesthésié.

Je ne suis pas « écrivaine » et j’essaie de m’exprimer le plus clairement possible pour que ce témoignage soit compréhensible.

Voilà voilà, tu sais tout !

Merci d’avoir pris le temps de me lire.

Je te souhaite mille bonheurs et des dieulliards de bonheur pour la suite de ton chemin ici-bas.

Je formule le voeu de nous revoir à Sisteron l’été prochain, mais c’est un peu loin pour que je prenne une décision immédiatement car je ne sais déjà pas ce que je vais faire du jour au lendemain alors anticiper 8 mois à l’avance c’est délicat pour moi.

Bon séjour et belles classes dans le Roussillon entourée des êtres qui te sont chères.

Coeurdialement, Evelyne